Quelqu’un parle.
Quelqu’un agit.
Et en toi, ça monte.
Colère. Tension. Découragement. Mépris parfois.
Tu connais ?
- Tu te dis :
- “Il est égoïste.”
- “Elle ne me respecte pas.”
- “Ils sont incompétents.”
- “On ne peut rien leur dire.”
Plus tu y penses, plus ton corps se contracte. Plus ça devient évident. Plus tu te sens impuissant peut être.
Tu as l’impression que ce sont les autres qui te font ressentir ça.
C’est ici que se cache un levier immense.
🔍 Observation ≠ Évaluation
Dans l’approche développée par Marshall Rosenberg, il y a une distinction fondamentale, souvent inconfortable, mais profondément libératrice :
Une observation décrit un fait concret, vérifiable.
Une évaluation est une interprétation, un jugement, une conclusion.
Exemple :
Observation :
“Il est arrivé à 9h25 alors que la réunion commençait à 9h.”
Évaluation :
“Il est irrespectueux.” “Il est toujours en retard.” …
Dans le premier cas, tu décris.
Dans le second, tu interprètes.
Et le problème, ce n’est pas d’interpréter, à ma connaissance on n’y échappera pas.
Le problème c’est de croire que ton interprétation est la réalité, de confondre les deux
⚡ Là où tu perds ton pouvoir
Un stimulus externe crée une sensation initiale.
- Un ton de voix.
- Un retard.
- Un message sans réponse.
Mais ce qui amplifie et rigidifie ton état, ce sont tes pensées, ce que tu te racontes sur la situation.
Quand tu confonds observation et évaluation, tu crois que :
“Je me sens mal à cause de ce qu’il a fait.”
En réalité, une partie importante de ton ressenti vient de :
“Ce que je pense de ce qu’il a fait.”
Tant que tu ne vois pas cette différence, tu es dépendant.
🧠 Petite expérience maintenant
Prends une personne avec qui c’est tendu.
Ferme les yeux.
Répète intérieurement :
- “Il est égoïste.”
- “Elle est manipulatrice.”
- “Il ne pense qu’à lui.”
Observe ton corps.
- Respiration ?
- Mâchoire ?
- Ventre ?
- Épaules ?
Maintenant, toujours en pensant à la même personne, répète :
- “Il traverse peut-être quelque chose de difficile.”
- “Elle fait du mieux qu’elle peut avec ses ressources.”
- “Il essaie peut-être de protéger quelque chose.”
Observe à nouveau.
Même personne, même situation, corps différent.
Qu’est-ce qui a changé ? Pas l’événement, tes pensées.
Les stimulus externes créent des sensations, les pensées aussi, et ces nouvelles sensations génèrent de nouvelles pensées et là ça tourne en boucle. Et souvent on s’imagine le pire et les sensations créées par les pensées sont bien plus inconfortables que celles qui viennent directement des faits.
🛠 Reprendre du pouvoir
Reprendre du pouvoir, ce n’est pas nier les faits ni tout excuser ou devenir naïf.
C’est distinguer ce qui s’est passé de ce que j’en conclus.
Quand tu fais ce tri :
- Tu retrouves de la clarté.
- Tu retrouves de la marge de manœuvre.
- Tu redeviens acteur de ton monde intérieur.
- Tu peux toujours poser une limite.
- Tu peux toujours dire non.
Mais tu le fais depuis un endroit plus stable.
Et ça change profondément la qualité de tes relations.
🎓 Un point central de mes initiations et formations
Cette distinction entre observation et évaluation est l’un des axes majeurs que nous travaillons dans les initiations et formations que je propose.
Pourquoi ?
Parce que tant qu’elle n’est pas intégrée dans le corps, la Communication NonViolente reste une idée séduisante.
Quand elle devient une expérience vécue,
- les conflits changent de nature,
- les tensions se dégonflent,
- et le dialogue devient possible là où il semblait bloqué.
Nous pratiquons concrètement cette capacité à faire le tri entre les faits et les histoires, jusqu’à sentir dans le corps ce que ça transforme.
✍️ Une pratique simple pour toi
Je te propose d’essayer ça dès aujourd’hui : la prochaine fois qu’une émotion forte surgit ou que quelqu’un te gonfle, prends 30 secondes.
Demande-toi :
- Quel est le fait brut, ce qui aurait pu être filmé par une caméra ?
- Quelle est l’histoire que je me raconte à propos de ce fait ?
Si tu écris les deux colonnes, tu verras que l’histoire contient presque toujours :
- une intention prêtée,
- une généralisation,
- une conclusion sur la personne.
Ensuite lis chacune des colonnes et regarde en toi comment tu te sens.
C’est là que se cache ton levier.
🔥 La vérité exigeante
Tant que tu crois que les autres te font ressentir ce que tu ressens, tu leur donnes le pouvoir sur ton monde intérieur.
Distinguer observation et évaluation n’est pas un détail technique, c’est un acte de souveraineté. Et ça demande de la lucidité.
🤝 En parler ?
- Si tu reconnais ces mécanismes dans ta vie,
- Si tu te sens souvent pris dans des jugements qui te dépassent,
- Si tu aimerais vivre tes relations avec plus de clarté et de stabilité,
On peut travailler ça ensemble.
En individuel ou lors des initiations à la Communication NonViolente, nous allons précisément explorer ces points en profondeur.
Tu peux m’écrire ici :
👉 https://wa.me/message/GKOSIWSAADU3B1
Ou simplement m’envoyer un message.
Faire le tri entre le fait et l’histoire peut être le premier pas vers plus de liberté relationnelle.